Une génération de jeux sacrifiés ?

Casques de réalité virtuelle, graphismes hyper réalistes, gameplay innovants, … C’est indéniable, depuis quelques années, l’industrie du jeu vidéo a fait des progrès incroyables. Néanmoins, les joueurs sont de plus en plus souvent confrontés à des jeux bugués ou bâclés. D’où une questions des plus légitimes, a-t-on à faire à une génération de jeux sacrifiés ? Je m’explique.

C’est en jouant au récent Mafia 3 que l’idée de cet article m’est venue en tête. Cela faisait déjà quelques années que j’attendais une suite à l’excellent Mafia 2 sorti en 2010. Début octobre 2016, le troisième opus de la saga sort et les critiques fusent. Les journalistes spécialisés évoquent un jeu aux finitions perfectibles, aux graphismes moyens et à l’intelligence artificielle au ras des pâquerettes. Faisant fi de l’avis des pros, je précommande le jeu que j’attends avec la plus grande des impatiences. Après tout, Mafia 2 avait laissé en moi le souvenir impérissable d’un jeu beau, prenant et passionnant. Pendant quelques heures, je découvre le jeu, je lui laisse sa chance avant de trancher mais force est de constater que les critiques n’avaient pas tout à fait tort. Le potentiel d’un tel titre était énorme et finalement on se retrouve face à un jeu dont les graphismes se rapprochent davantage à un GTA sur PS3, à des bugs d’affichage assez agaçants, à une intelligence artificielle à la limite du ridicule … Bref, une vraie déception qui conserve toutefois quelques qualités majeures à commencer par son ambiance 60’s parfaitement restituées.

mafia-3

Quoi qu’il en soit, l’exemple de Mafia 3 est loin d’être isolé. Il suffit de se rappeler du cas d’Assassin’s Creed Unity dont la date de sortie initiale avait été repoussée de quelques semaines. Un temps trop court pour permettre à Ubisoft de bien peaufiner son nouvel épisode de la saga Assassin’s Creed puisqu’à sa sortie le jeu a essuyé un grand nombre de critiques évoquant un trop grand nombre de bugs. Nous pourrions aussi évoquer le cas de No Man’s Sky et de bien d’autres titres qui ont bénéficié d’un report hélas non suffisant pour corriger tous leurs défauts.

ac unity

Le fait est que de plus en plus souvent, les développeurs ne prennent plus le temps de peaufiner leurs jeux. Il faut aller vite quitte à sacrifier un peu de la qualité du titre car développer un jeu sur cette génération de console coûte cher et le rendement est bien entendu l’objectif numéro 1. Cela rend l’imprécision tolérable, le bâclage admissible et le manque de finitions pardonnable.
Toutefois, nous autres consommateurs de jeux vidéo, pouvons-nous cautionner tout cela ? Certes, plusieurs astuces permettent de combler quelques défauts d’un jeu avec par exemple l’installation de patchs correcteurs mais sommes-nous censés accepter ces pratiques déloyales envers les consommateurs que nous sommes ? Sommes-nous censés consommer des oeuvres incomplètes, bâclées ou tout simplement mal produites ?

inacheve

Prenons l’exemple du cinéma. Aucun spectateur ne tolérerait de payer pour voir un film dont l’une des scènes a été mal montée. Aucun consommateur n’accepterait de payer pour une oeuvre inachevée ou incomplète. Il en va de même pour tous les arts et divertissements. L’univers du jeu vidéo est-il symptomatique de cette génération où le rendement est plus important que la qualité, l’esthétisme ou même la satisfaction client ? Vous avez 3 heures.

One thought on “Une génération de jeux sacrifiés ?

  1. Les jeux buggués mais triple À se vendent par palettes complètes.
    Tous le monde gueule, y vas de son petit tacle. Mais achete tous les ans le nouvel opus cette soupe tiède sans autres innovations que les graphismes.
    Trop content de mettre sur les réseaux sociaux qu il a acheté le dernier jeux à la mode.

    Pendant ce temps, les jeux plus discret et innovants, comme lost odyssey, puppeteers, okami, ou plus récemment life is strange ne rencontrent pas le succès qu’ils méritent boudés par le public y préférant les derniers pan pan boom boom, et souffrant d un manque de visibilité médiatique.

    Les industriels le comprennent bien. Pourquoi prendre des risques financiers sur une nouvelles licences au risque de ne pas la vendre, alors que les remastered, ou les suites à rallonge call of, A.C bidule, fifa, Skylanders, se vendent par camion entier, et ont peu d évolution si ce n est une mise à jour du moteur graphique.

    Ne nous voilons pas la face. Nous sommes dans un loisir de masse, qui dépasse le cinéma en terme de rentabilité. Nous ne sommes que des CONsommateurs.

    Et nous n avons que les jeux que nous méritons. Arrêtez d acheter les call of tous les ans.
    Les choses changerons.

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