L’origine des éditions collector

Depuis quelques années les éditions collector sont devenues légion. Chaque jeu ou presque bénéficie désormais de sa propre édition limitée ou collector comprenant toujours plus ou moins le même contenu, à savoir un steelbook, un artbook, des DLC et éventuellement une figurine.

Standardisées, banalisées, les éditions collector n’ont en réalité plus grand chose de collector puisqu’éditées en quantité telles qu’on n’éprouvera en général aucune difficulté particulière à se les procurer. Pire encore, il ne sera pas rare de retrouver quelques unes de ces éditions soldées quelques mois à peine après leur sortie histoire de désencombrer les stocks.

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Malgré des prix toujours plus élevés, les éditions collector sont devenus des produits communs et appréciés par un public de plus en plus nombreux. Toutefois, si l’on se penche sur l’histoire de ces présentes éditions on remarquera qu’elles étaient à l’origine plutôt adressées à une clientèle restreinte de joueurs fortunés et passionnés.

Si au Japon les collectionneurs pouvaient accumuler des éditions limitées et collector d’à peu près tout ce qui peut exister sur le marché des produits culturels depuis des années, les joueurs européens auront dû pour leur part attendre les années 2000 pour voir apparaître les premières éditions collector de jeux vidéo.

Bien que plusieurs jeux Snes et PlayStation 1 soient sortis en version collector (Street Fighter 2, GTA, Final Fantasy, Metal Gear,…), c’est avant tout avec l’ère de la PlayStation 2 que l’on voit naître les premières vraies éditions limitées et collector de jeux vidéo. Ces dernières n’ont alors rien à voir avec celles que l’on connait aujourd’hui et se présentent plutôt sous la forme de versions augmentées ou de petits coffrets contenant tout au plus un disque bonus à l’instar de l’édition collector de King Kong, God of War 2 ou encore Metal Gear 3.

ps2 king kongsnes collector (Photo : Cocole)

Au fil des années, les éditeurs ont rapidement pris conscience de l’ampleur de la demande et surtout de l’importance que représentait le marché européen en termes d’éditions collector. Commercialiser ce type de produits permettait en outre de rentabiliser bien plus rapidement la production de titres nécessitant des budgets sans cesse plus importants avec l’arrivée des consoles nouvelle génération.
C’est ainsi avec l’apparition de la PlayStation 3 et de la Xbox 360 que les collector ont commencé à émerger sur le marché européen.

Les premiers gros hits de cette septième génération ne tardent pas en effet à bénéficier de leur propre édition collector. Des éditions garnies qui ne font pas dans la demi-mesure comme en témoigne le collector d’Oblivion sur Xbox 360 contenant un documentaire, un septim, un guide de l’empire et une carte de Cyrodiil. On se souvient également de l’édition collector du tout premier opus d’Assassin’s Creed contenant une figurine à l’effigie d’Altaïr, ouvrant ainsi la voie aux collector à statuettes.

Produites en quantités limitées, ces deux éditions collector s’arrachent désormais à prix d’or et sont très recherchées de la part des collectionneurs.

collector oblivion

Dès lors, la plupart des grosses licences ont toutes bénéficié d’une voire de plusieurs éditions limitées et collector. C’est le cas par exemple de Halo Reach déclinée en trois éditions différentes.

Avec le temps, le phénomène a pris de l’ampleur et s’est généralisé à des jeux de moindre notoriété, entraînant parfois quelques dérives avec des éditions collector pour le moins décevantes ne contenant que des contenus dématérialisés ou des goodies de piètre qualité. Pour répondre au mieux à la demande des joueurs et éviter les échecs commerciaux, certains éditeurs n’ont pas hésité à demander directement à ces derniers ce qu’ils souhaitaient voir dans ces éditions collector à l’instar de Deep Silver pour le prochain Dead Island 2.

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Quoi qu’il en soit, les éditions collector sont désormais inscrites dans les pratiques de consommation des joueurs qui aiment collectionner, accumuler, conserver et approfondir l’univers des jeux qu’ils affectionnent au travers d’objets physiques ou immatériels que tous n’auront pas forcément en leur possession.

5 thoughts on “L’origine des éditions collector

  1. Je dois être 1 faux collectionneur car je n’achète quasi jamais les éditions collectors sauf en brocantes ou bon plan (exemple la collector de GTA V au prix de l’édition standard).
    Il faut dire que pour moi ces nouveaux collectors avec figurines pièges à poussière n’ont aucun intérêt.
    C’est devenu un tel bizness pour les éditeurs. Pour tout jeu attendu, c’est quasiment la foire entre la normale, la limitée avec 1 DLC useless si tu précommandes vite vite vite attention il y en aura pas pour tout le monde rentre vite ton numéro de CB. Et les 4 éditions collectors (j’exagère à peine si on prend en compte les collectors étrangers différents des nôtres) avec 4 versions du héros en position différente et son bandana officiel ou son arme en plastoc.
    Le « joueur » est devenu 1 vache à lait.

    • Tu n’es pas un faux collectionneur, il y a plusieurs types de collectionneurs à mon sens 🙂 Les purs et durs qui sont prêts à dépenser des fortunes et les plus raisonnés. Moi par exemple j’achète rarement les collector au prix fort… bien trop chers et je me fiche pas mal des DLC et contenus dématérialisés. Après comme je l’ai dit dans l’article il y a pas mal de dérives et certains éditeurs abusent clairement de la pratique en proposant des collector dépourvus du jeu ou ne contenant que des contenus démats.
      Mais oui le joueur c’est un consommateur comme un autre et tant qu’il y en a prêts à lâcher 150€ pour un bout de plastique eh bien ça continuera.

  2. Tu dois le savoir, j’aime beaucoup avoir certaines version collector, mais je les choisi avec soin et surtout quand j’estime que le jeu le mérite. Je pense notamment à The Witcher 3 ou The Order 1886 ou encore Batman:Arkham Knight.

    Comme tu le soulignes, le vrai problème vient du fait que certains collectors sont de véritables insultes pour le joueur. Ceux-ci se contentent de fournir un goodies quelconque et un jeu en dématérialisé. Ça me fait penser à l

  3. Saleté de…..
    Je disais donc, ça me fait penser au pack WiiU + Zelda The Wind Waker HD où le jeu n’est même pas proposé en version boite.

    Après, ça reste du marketing et je n’aime pas vraiment dire que le joueur est devenu une vache à lait. Personne n’oblige le joueur à foncer sur le collector. C’est de la responsabilité du joueur de craquer ou non.

    • C’est vrai que les joueurs ont le droit de craquer ou non. Pour ma part je regarde toujours si le contenu d’un collector vaut le coup avant de céder et je déteste les éditions que l’on paye 100€ pour juste quelques DLC en plus… Le pire ce sont les éditions collector qui ne proposent même pas le jeu du tout (Wolfenstein Panzerhund Edition)

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